Un dispositif au service d'un projet

version provisoire

Gérard Autran, Ecole des Ovides
12 rue des Ovides
42100 Saint-Etienne
04 77 21 49 86
emile.simonnet@hol.fr

Le contexte général : un fil rouge sur l'année

Comme toute activité un peu ambitieuse, un tel projet d'écriture ne peut se parachuter sans un ancrage solide dans la vie de la classe. La finalisation s'est ainsi curieusement opérée à travers l'idée d'une classe océan, et cela dès le mois de septembre 95. Les deux classes impliquées (Ovides / Janon) devaient organiser cinq jours en autogestion à Port des Barques (Charentes Maritimes) pour la fin juin. Ce voyage à l'océan s'inscrivait dans une découverte du milieu marin : à travers cette classe, de nombreux apprentissages au programme du cycle 3 devaient être réalisés. Un objectif non négligeable était encore de vivre ensemble, de s'organiser pour vivre en société. La préparation préalable était l'essentiel sur un plan pédagogique, car le voyage en juin constituait un aboutissement : aucune exploitation d'importance ne pouvait être envisagée comme suite, vu le calendrier.
La visite à la ferme, en janvier 96, permet donc d'offrir aux deux classes l'occasion de se rencontrer, une première fois. Les maîtres utilisent en cette circonstance les ressources fournies par l'O.C.C.E. à travers un réseau de fermes, dans le voisinage de la ville de Saint-Etienne (RUSE).
La suggestion de cette sortie reportage vient à l'initiative des enseignants. Cette visite représente un objectif commun aux deux classes : un thème de travail a été défini avec l'agriculture, l'élevage en France et leurs transformations. Mais cette sortie, aux yeux des collègues, devait être, également, un moment essentiel de rencontre sociale, avec des suites à donner en termes d'échanges de productions.
Une deuxième rencontre allait encore être prévue en mars autour d'une sorte de petit Défi Lecture : les élèves dans cette visée ont créé des jeux de société sur le thème du Cap Horn, après la lecture d'une nouvelle, Aventure au Cap Horn. Les enfants s'affrontèrent une matinée dans des jeux, le reste de la journée permettant de préparer le séjour à l'océan ; une réunion générale des deux classes est tenue dans ce but.
Comme on le voit, des liens se tissent entre les deux classes tout au long de l'année.

Le contexte rapproché

Bien sûr, l'ancrage du projet dans la vie des deux classes aurait pu se faire, a minima, par une simple correspondance de classes; l'idée d’une rencontre pourrait émerger, d’où la suggestion de profiter d’une sortie à la campagne, l'idée d'organiser une visite d’une ferme à Farnay (réseau de fermes).
Ce projet de visite devient un projet d’écriture, socialisée : on utilisera un journal de classe / d’école pour raconter / présenter son expérience aux parents, aux copains. Les enfants des Ovides peuvent en consulter à la BCD élaborés les années précédentes.

Un minimum d’organisation et peut-être de documentation préalable semble nécessaire : des échanges oraux en collectif, pour confronter les représentations sur les fermes, l’agriculture, l’élevage sont possibles. Une partition en groupes est déjà probable autour de quelques axes de recherche : comme cela, on pourra délimiter / identifier ce qu’on va aller observer, ce qu’on va demander aux agriculteurs ; la visite ainsi sera plus riche et fructueuse. La BCD peut même être mise alors à contribution, mais pas trop à ce stade…

Dans les faits, l'élément déclencheur utilisé par G. Autran a été un film documentaire de FR3 : Paysans d'aujourd'hui, paysans d'autrefois. Ce documentaire compare, à 40 ans de distance, filmé par la même personne, le même milieu rural. La piste est intéressante et amène à exploiter un document audiovisuel en liaison avec des apprentissages.

 

On prend des notes sans aucun doute, on pose des questions pendant l’exposé liminaire de Mme Fond, on recueille des informations orales pendant la visite. Les documents font explicitement allusion à des questionnaires que l’on prend le temps de remplir dans les deux groupes, en binôme mixte : traces écrites et matériaux pour la suite. Les élèves ont pu les préparer ou être associés à leur élaboration ?

 

H1. On peut imaginer que le maître pour faire écrire tous les élèves individuellement et recueillir leurs représentations peut suggérer de faire le compte-rendu de la sortie, sans donner trop de consignes précises. La confrontation des productions menée en groupes ou collectivement serait riche alors de diversités : les c.r. partant dans diverses directions suivant les thèmes de prédilection, selon les choix énonciatifs. Une mise en commun peut alors faire apparaître la palette variée de textes possibles.
H2. On peut aussi croire que le maître laisse les enfants s‘organiser à leur guise et choisir un thème de travail (la ferme, le paysage, le plan, un animal, les techniques…). Des deux manières, on ne peut qu’aboutir à des types d’écrits différents, des thèmes variés, des productions incomplètes ou insuffisamment hiérarchisées en termes d’informations.

Quoi qu’il en soit, un travail en groupes est nécessaire pour évaluer, analyser ces premiers jets. On confronte les productions, opère des diagnostics. L’intervention de l’enseignant peut être nécessaire pour aider à cerner des dysfonctionnements, proposer des pistes de travail : annotations…

A ce moment les enfants doivent choisir clairement des objets de travail et des types d’écrit : la classe peut s’organiser en équipe rédactionnelle, comme dans un vrai journal, et définir un projet d’écriture orientée sur un modèle de magazine, très explicitement. Cela nécessite une vue d’ensemble sur le produit à réaliser, une harmonisation des tâches : comité et équipes en interaction.

Alors, chaque groupe va travailler en équipe sur le type d’écrit préféré : phase de lecture en interaction, on a besoin d’analyser des textes d’experts. Des moments de synthèse communs peuvent être ménagés par le maître : autour de la presse, de sa spécificité d’écriture, voire des écrits documentaires dont on aura besoin. De là on va élaborer des outils, des grilles critériées, réunir des information sous forme de notes…

L'IRMA de la classe de G. Autran avait assuré, auparavant, un travail pendant une semaine sur la presse et son écriture : cela se perçoit nettement dans les productions. De même, on peut percevoir un travail significatif, mené en cours de route, sur les différents types de comptes rendus.

Cela dit, bien voir que les problèmes à résoudre en termes d’informations à sélectionner et traiter, d’écriture (modes d’énonciation, type de textes etc.) ne sont pas les mêmes suivant les groupes ou les individualités. Apparemment, quelques enfants préfèrent travailler seuls : le maître leur laisse cette liberté.

Des activités décrochées seraient envisageables mais les modalités concrètes posent problème : la classe pourrait plutôt travailler en sous-groupes avec des plans de travail individualisés, fournis par le maître qui assurerait une tutelle tournante. On peut, bien sûr, faire travailler sur les connecteurs, organisateurs textuels, le système des temps, les choix énonciatifs, le vocabulaire technique etc. Gérard Autran, quant à lui, ne procède pas ainsi.

Phase de révision et réécriture pour obtenir une nouvelle version : on peut imaginer qu’après recadrage certains groupes ont repris complètement leur jet initial, le mettent au panier et s'orientent dans une nouvelle direction. Dans ce cas, nouvelle évaluation, révision. Puis réécriture.

Après décision commune et avis partagé de satisfaction, les productions sont frappées par les enfants sur ordinateur ; ils se chargent de la saisie au kilomètre. Une maquette du magazine dans son ensemble ou un travail de mise en pages peut être réalisé avec l’aide du maître. En réalité, en 96, c'est G. Autran qui fait le montage P.A.O. Le travail est facilité par le prêt à la classe de 5/6 ordinateurs Mac par l'O.C.C.E. pendant un mois.

Enfin une fois terminés, les magazines sont reproduits et diffusés / socialisés 1. auprès des parents, des relations, 2. envoyés aux copains de Terrenoire, 3. voire à d’autres correspondants en attente de retour. On peut imaginer un envoi réciproque de Terrenoire-Janon, pas forcément sur le même mode... Dans les faits, les élèves de Janon ont publié un travail similaire dans le cadre de leur journal trimestriel.

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